« Hommages » par Benjamin Grosvenor

Le grand piano romantique

De l’elfe, il possède la sveltesse (et la silhouette) ; du prodige, la technique ; de l’interprète, la hauteur de vue. A seulement vingt-quatre ans, Benjamin Grosvenor est un artiste complet dont chaque nouvel album se déguste tel un grand cru. Celui de cette rentrée ne fait pas exception. Intitulé « Hommages », il place une partie du programme sous la figure tutélaire de Jean-Sébastien Bach, avec la Chaconne transcrite au piano par Busoni, deux Prélude et fugue de Mendelssohn, et l’intimidant triptyque de César Franck Prélude, choral et fugue. Plus détendue, la seconde partie est placée sous le signe de la danse avec la Barcarolle de Chopin et la très virtuose Tarentelle de Liszt, extrait du recueil Venezia e Napoli.

La première chose qui frappe est la constante. Grosvenor n’a rien d’un caméléon se promenant sur un arlequin : De Bach revu par Busoni aux fulgurances lisztiennes en passant par le romantisme tempéré de Mendelssohn et les arabesques de la Barcarolle, c’est partout du grand, du beau piano romantique. Et certainement la marque d’un talent rare.