On a beau changer de chaîne à l’annonce des grands prix de Diane et Arc-de-Triomphe, penser que Chantilly est avant tout le nom d’une crème pour accompagner les fraises et Goldikova une ballerine du Bolchoï, supposer que « débourrer » évoque une plaisanterie de corps de garde, n’avoir pas lu Crin-Blanc, ne retenir de la Camargue que « les moustiques qui sont antipathiques » (Charles Trénet), et rester de marbre devant un magnifique pur-sang, Homéric réussit à vous tirer des larmes en racontant les splendeurs et misères des canassons. C’est le Balzac du bourrin, le prophète de la chevalerie, le hérault des hippodromes, l’amoureux du genre équin. Résultat des courses : 790 pages de pur bonheur littéraire, de A comme Amazone (manière de monter imaginée par Catherine de Médicis, dit-on) à Z comme Zitrone (que l’auteur traite de « gros plein de soupe » aussi peu aimable que les sus-dits moustiques « au pays des chevaux emballés »). De mémoire d’alezan, on n’a jamais vu mourir de jockey, aurait pu dire le poète. Mais le coeur des lads est lourd du souvenir de ces demi-dieux à quatre pattes, stoppés net dans leur épique galop et morts au champ de course, devenu pour quelques minutes un champ d’honneur et pour toute la vie un chant d’horreur.
Voici son programme :
ave maria bach/gounod
Sacre du printemps/Boulez
Le Mépris (Camille)/George Delerue
Tsagaan Suvraga/Natsajiin Jantsannorov (orchestre mongol de vieles à tête de cheval)
3 madeleines:
Pierre et le Loup: thème: lorsque le loup se pointe pour croquer le canard/Prokofiev
Melocoton et boule de gomme/Colette Magny
Les fleurs du mal: Le Léthé/Léo Ferré