Mis à part quelques extrémistes, personne ne conteste le fait qu’il vaut mieux vivre dans un pays laïc que dans un État religieux. Ensuite, il y a quelques pommes de discorde, quelques habitudes culturelles qui peuvent se régler aimablement dans le respect de chacun, en évitant soigneusement d’être tiré vers des dérives radicales qui vont à l’encontre de ce qu’on prétend défendre. Et une nécessaire vigilance collective s’impose pour se prémunir de tout ce qui pourrait attaquer les fondements de la démocratie et de la liberté de penser ou de croire.
Henri Pena-Ruiz est un défenseur acharné du principe de laïcité. Pas de signe religieux ostentatoire dans l’espace public. C’est la loi. Les tribunaux règlent tant bien que mal les cas litigieux. Pas d’huile sur le feu.
En même temps, il a des convictions marxistes clairement affichées. Et il est professeur. Met-il ses convictions au vestiaire, face à ses élèves, selon un principe de neutralité qu’on est en droit d’attendre d’un enseignant de la République ? C’est une question, pas une provocation.
Tout en se défendant d’être un anti-religieux, Henri Pena-Ruiz dans son Dictionnaire amoureux de la laïcité ne fait pas montre d’une réelle objectivité en pointant les passages tendancieux des textes sacrés, dont l’application à la lettre, Dieu merci, tomberait sous le coup de la loi. Les religieux eux-mêmes les discutent sans fin.
Henri Pena-Ruiz prêche pour sa paroisse, si l’on veut bien accepter ce glissement sémantique. Car, comme le disait Freud, l’homme ne peut pas renoncer, il ne peut substituer. Donc en déclarant « Dieu est mort », nombre d’intellectuels éclairés tombent tout naturellement dans un autre catéchisme.
Je ne suis ni un pilier d’église ni une grenouille de bénitier, mais il n’est jamais inutile pour l’esprit de creuser les dogmes cachés derrière l’absence affichée de dogmes. Pour le reste, entre personnes raisonnables et de bonne volonté, tout finit par s’arranger en accordant ses violons.
Voici son programme :
1) Jose Tellaeche, Reveriano Soutullo et Teresa Berganza : Pasacalle de las mantillas, Zarzuela ‘El ultimo romantico’
2) Erik Satie : Gymnopédie n°1 (par Pascal Rogé ou autre)
3) François Couperin : 3ème Leçon de Ténèbres (extrait choisi dans le CD ‘Tous les matins du monde’ ; je trouve les voix d’enfants très émouvantes, plus à mon sens que dans la belle interprétation d’Arthur Deller)
4) Beethoven : Concerto pour piano et orchestre n°3, 2e mvt (par Alfred Brendel et James Levine)
Madeleines :
1) Addinsell : Concerto de Varsovie pour piano et orchestre (Gabriel Tacchino et l’Orchestre Philharmonique de Montecarlo dirigé par Armin Jordan)
2) Jean Ferrat : « Ma France »
3) Jean Baptiste Clément : « Le temps des cerises »
4) Pierre Perret : « La femme grillagée »