Si le diable est dans les détails, dit-on, les négliger revient à se contenter d’un robinet d’eau tiède. Et Dieu vomit les tièdes !
Hélène Mercier ne fait pas les choses à moitié. Son esprit perfectionniste ne souffre pas l’à peu près ou l’amateurisme. C’est ainsi qu’elle s’est replongée dans les chansons québécoises de son enfance, au risque de réveiller des souvenirs douloureux et de replonger dans une nostalgie pleine d’émotions. C’est ainsi qu’à l’occasion de la sortie de son disque Schumann-Brahms (avec Cyprien Katsaris), elle a souhaité explorer le concept de transcription et qu’elle a attiré notre attention sur l’arrangement réalisé par Beethoven lui-même de son Concerto pour violon en concerto pour piano. L’occasion d’écouter la géniale cadence du premier mouvement qu’il a composée à cette occasion (pour piano et timbale obligée !) alors qu’il n’en avait pas écrite pour l’oeuvre originale, laissant le violoniste Franz Clément improviser à son gré lors de la création de l’oeuvre (les violonistes jouent généralement aujourd’hui celle de Fritz Kreisler). On oublie de dire que s’il a dédié le Concerto de violon à son ami d’enfance Stefan von Breuning (ils avaient le même professeur de violon à Bonn), il a dédié l’oeuvre pour piano à sa femme Julie, pianiste, fille d’un grand chirurgien de Vienne qui avait tenté de soigner la surdité de Beethoven, morte prématurément (un an après son mariage avec Breuning et la fameuse dédicace du concerto), et dont il était amoureux. On voit bien que l’on touche là à quelque chose d’essentiel chez Beethoven et que la transcription n’est pas toujours guidée par des motifs occasionnels ou commerciaux. Julie était aussi le prénom de la fille de Robert et Clara Schumann… dont Brahms tombera à son tour amoureux…
Avec naturel et intelligence, Hélène Mercier nous a aussi parlé de la spontanéité en musique au travers des deux enregistrements de l’étude op. 10 n° 3 réalisés par Maurizio Pollini. Le premier en date (le plus beau) a longtemps été interdit par l’artiste avant que la firme Testament ne passe outre et le publie cinquante ans plus tard. Le hasard a voulu que, le lendemain de l’émission, une rumeur a couru dans Paris sur la mort de Pollini, provoquant une vive émotion dans la profession. Finalement, l’agent italien du pianiste a pu être rassurée par la femme de l’immense interprète : Pollini est bien vivant !
Voici son programme :
Schumann : arrangement du quintette avec piano à 4 mains (Hélène Mercier, Cyprien Katsaris)
Schumann : Quintette (Christian Zacharias)
Madeleines
https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=t9MXb2q2Puw&feature=related
beau dommage « la complainte du phoque »
Lindberg de Robert Charlebois avec Louise Forestier
https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=79Mwjz-2yY8
Barbra Streisand : Memory
– le tout premier enregistrement de Pollini pour EMI des Etudes de Chopin quand il avait 18 ans et qu’il avait empêché de sortir à l’époque op. 10 n° 3
– le concerto de Beethoven pour violon et orchestre interprété par Szeryng et le même concerto mais transcrit pour piano par Beethoven interprété par Barenboim (1er mouvement)