Guerre en Ukraine : De Paris à New York, l’hymne ukrainien est joué avant les concerts

Crédit: concerthallorganisation.eu

Depuis le début de l’intervention militaire russe, l’hymne ukrainien est interprété un peu partout dans le monde, par des musiciens amateurs, des chorales mais aussi par de grands orchestres. Chtche ne vmerla Ukraïny résonne ainsi chaque jour dans la rue, lors de manifestations de soutien, dans des écoles, des églises, des stades et dans les plus grandes salles de concert, en ouverture des représentations.

Dès le lendemain du début de l’intervention russe, un orchestre de Berlin ouvrait son concert par l’hymne ukrainien

Tout au long de la journée Chtche ne vmerla Ukraïny (L’Ukraine n’est pas encore morte) est diffusé par des haut-parleurs sur la place Maïdan, haut lieu emblématique de Kiev, mais l’hymne ukrainien est également devenu à travers le monde un signe symbolique de solidarité avec le peuple ukrainien. La plupart des orchestres, des plus modestes aux plus prestigieux, l’interprètent, souvent au début des concerts.

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Le jour même du début de l’intervention russe, le ministre de la culture ukrainien, dans un message sur les réseaux sociaux, avait appelé les musiciens étrangers à exprimer leur solidarité en incluant l’hymne national du pays dans leurs programmes de concerts. Message reçu, et dès le lendemain le Rundfunk-Sinfonieorchester de Berlin ouvrait son concert avec l’hymne ukrainien. Depuis, chaque jour, cet hymne est joué dans les plus grandes salles de la planète, aussi bien à New York qu’à Tokyo ou Sydney.

« La chance nous sourira encore, jeunes frères. Nos ennemis périront, comme la rosée au soleil »

En Europe, les plus grandes formations ouvrent aussi leurs concerts avec l’hymne ukrainien. L’association ECHO, qui regroupe de grandes salles européennes, a même réalisé un clip vidéo à partir de l’interprétation de cet hymne par une dizaine de grandes formation européennes dont l’Orchestre National de Lyon et la Philharmonie de Paris.

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L’hymne ukrainien a connu, comme le pays, une histoire complexe. C’est en 1862 que le journaliste et poète Pavlo Tchoubynsky écrivit un poème intitulé Chtche ne vmerla Ukraïny, publié l’année suivante dans un journal de Lviv. Un prêtre, également compositeur, Mykhailo Verbytsky, décide alors de le mettre en musique afin d’en faire un chant patriotique. En 1917, au moment de la fondation de la République populaire d’Ukraine, cette composition devient l’hymne officieux du nouveau pays mais en 1920 les Soviétiques le suppriment. Et ce n’est qu’en 1992, un an après l’éclatement du bloc de l’est, que ce chant devient officiellement l’hymne ukrainien dont les paroles disent : « ni la gloire ni la liberté de l’Ukraine ne sont mortes. La chance nous sourira encore, jeunes frères. Nos ennemis périront, comme la rosée au soleil. Et nous aussi, frères, allons gouverner, dans notre pays. Pour notre liberté, nous donnerons nos âmes et nos corps. Et prouverons, frères, que nous sommes la nation des Cosaques ». 

Philippe Gault

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