Les Sonates pour piano et violoncelle de Beethoven comptent parmi les piliers du répertoire pour l’instrument. Les violoncellistes ont naturellement à cœur de les enregistrer. Pour Gautier Capuçon, le temps est venu de s’y confronter devant les micros afin de cristalliser sa vision du cycle, ainsi qu’il s’en explique dans la notice : « Graver l’intégrale des Sonates de Beethoven pour piano et violoncelle constitue une étape importante dans la vie musicale d’un violoncelliste. Elles font parties de la mienne depuis mon plus jeune âge et j’ai attendu longtemps le bon moment pour les enregistrer, le moment où je me sentirais prêt ». Partenaire attitré des frères Capuçon, Frank Braley retrouve ici le cadet dans cette intégrale de la musique pour violoncelle et piano de Ludwig van (y figurent également les Variations), plus de deux ans après avoir gravé en sa compagnie un album centré autour de l’Arppeggione de Schubert (Erato).
On est toujours saisi face au chemin parcouru entre la Cinquième Sonate et les deux premières de l’Opus 5, surtout si l’on songe que, avec ses deux premiers essais, Beethoven inventait presque la formation, en proposant pour la première fois une alliance équitable entre les deux instruments (même si le titre fait précéder le violoncelle du piano). Probablement la plus jouée des cinq, la Troisième Sonate doit sa célébrité à son fantastique Scherzo. Quant à la fugue qui referme l’ultime Sonate, elle préfigure les futures Sonate pour piano Op. 106 et Grande fugue pour quatuor à cordes. A son secrétaire Schindler qui avouait ne pas bien comprendre ce final fugué, Beethoven aurait répondu : « ça viendra ! » ; l’interprétation pleinement aboutie de notre tandem lui donne raison.
Gautier Capuçon et Franck Braley jouent Beethoven
Radio Classique
La fusion parfaite