Gao Xingjian, pour un art sans idéologie

L’idée est essentielle en art. Tout part d’une idée, consciente ou inconsciente. La 5e Symphonie de Beethoven découle d’une idée. Don Quichotte de Cervantès aussi. C’est une idée intime, profonde, qui traverse les siècles et les frontières. Une idée humaine, pas un concept intellectuel.
Au contraire, l’idéologie est un poison en art. Elle déshumanise l’artiste, le rend esclave d’un système politique, l’abaisse et le réduit à néant, l’empêche de trouver sa polyphonie intérieure, sa complexité, son ambiguïté, ses paradoxes.
Venant d’un régime totalitaire, l’un des pires du XXe siècle, ayant été en camp de rééducation durant six ans lors de la Révolution culturelle, Gao Xinjian a résisté pour maintenir sa flamme, puis il a trouvé son originalité en écrivant, en peignant, sans faire tabula rasa du passé, en se préservant aussi des diktats de la mode ou du marché de l’art.
Prix Nobel de littérature en 2000, il est aussi un peintre singulier, troublant, et universel.
Son passage dans Passion Classique est à marquer d’une pierre blanche. Avec toutes ses nuances de gris.

Voici son programme :

– Bach : Messe en si, Agnus Dei (par Andreas Scholl)
– Pergolese : Stabat Mater
– Scarlatti : Concerto grosso en fa mineur

Madeleines :

– Bach : partita pour violon seul
– Grieg : Peer Gynt