Françoise Héritier, le bonheur est dans l’après

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Si la joie est dans l’instant, le bonheur est peut-être dans l’après. Dans la souvenance de tous ces petits moments qui ont illuminé nos vies. « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie », disait Prévert. C’est précisément un inventaire à la Prévert que nous propose Françoise Héritier, anthropologue et ethnologue au Collège de France. Et si Rilke conseillait à son jeune poète de fouiller dans le trésor de ses sensations d’enfance pour trouver l’inspiration, Françoise Héritier recense de manière quasi scientifique tous ces bouts d’enfance « volés » à notre existence d’adulte qui dérouille la roue de l’émerveillement perpétuel. Elle a quelque chose de Colette lorsqu’elle nous incite à jouir du vol d’une hirondelle, d’une giboulée sous le soleil (lorsque le diable bat sa femme et marie sa fille) et de revivre avec émotion la fois où nous sommes grimpés dans l’arbre pour manger des cerises ou pour nous les accrocher aux oreilles en riant. Soignée depuis trente ans par un médecin de la Pitié dévoué cors et âme à ses patients, Françoise Héritier marche à petits pas avec l’aide d’une béquille, mais la fraîcheur de sa voix et la richesse de ses sensations nous invite à trouver en nous quelque chose de précieux et d’essentiel.
Voici son programme :

. J.-S. Bach, « Jésus, que ma joie demeure », par Dinu Lipatti
Madeleines
. Les sœurs Etienne : « Ma guêpière et mes longs jupons »
. « Comme un p’tit coqu’licot », Mouloudji
. « Tout va très bien, Madame la Marquise », Ray Ventura

La musique classique:

. Schubert, « Le voyage d’hiver »
. le Boléro de Ravel, dans sa montée en puissance
. Mozart : Requiem « Lacrymosa »