Francis Huster a besoin de temps et d’espace pour donner toute sa sève. Sur un plateau de télévision, égaré dans un débat de société, au milieu d’intervenants plus bavards que lui, il offre rarement le meilleur de lui-même. « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. » Devant un micro, il ferme les yeux et soliloque à merveille. On l’écouterait jusqu’au bout de la nuit tant il a à raconter sur le théâtre, la vie et la musique. Ce n’est pas un intellectuel médiatique qui résume l’air du temps en une formule choc. Ce n’est pas un jet d’eau qui éblouit et tourne en circuit fermé. C’est un fleuve généreux qui s’étend très largement entre les deux rives, qui creuse la roche en profondeur, tout en reflétant le monde qui l’entoure sans cesser d’avancer vers la mer.
Il a des intuitions merveilleuses : « Beethoven a tout, comme Shakespeare, mais Mozart, c’est l’Unique. » Et des comparaisons audacieuses : « Fabrice Luchini raconte et démontre, comme Mahler. Moi je voudrais être comme Jésus Christ : écrire sur le sable quelque chose d’essentiel qui disparaît avec le vent. » Là réside peut-être le mystère de l’art.
Voici son programme :
Mahler : Kindertotenlieder (Kathleen Ferrier)
Chopin : Mazurka par Arturo Benedetti-Michelangeli
Carmen de Bizet (dans BOF de Carmen Jones avec Harry Belafonte)
Madeleines
Bécaud / et maintenant
Elvis Presley / My Way
Dalida / pour te dire je t’aime (d’après Stevie Wonder)