« Un Suédois à Paris » a ouvert en toute discrétion dans l’aile Sully du Louvre le 20 octobre. Pourtant, cette petite exposition recèle de nombreuses pépites. Le visiteur est transporté dans le voyage esthétique du collectionneur Carl Gustav Tessin, également ambassadeur de Suède à Paris entre 1739 et 1741. Ce comte suédois fut un acteur majeur du marché de l’art parisien de cette époque avec des centaines de peintures, sculptures et esquisses à son actif. Son parcours est surtout celui d’une ascension puis d’une déchéance. Ruiné par ses achats d’œuvres anciennes, il se voit forcé à la fin de son mandat à l’ambassade de vendre une grande partie de sa sublime collection au royaume de Suède. Le visiteur de l’exposition se balade entre des chefs d’œuvres d’artistes tels que Watteau ou François Boucher. Mais que les allergiques du rocaille se rassurent. On pourra se délecter de quelques esquisses de Rembrandt, poignantes par l’énergie que dégage chaque coup de crayons. Les esquisses et dessins préparatoires sont véritablement un des temps forts de cette exposition. Certains sont simplement des gros plans de préparation dessinés pour que le peintre se familiarise avec les contours d’une oreille ou d’un nez qui apparaîtra en minuscule dans l’œuvre finale. On apprécie particulièrement une salle presque entièrement dédiée aux Italiens avec quelques Titien par exemple. L’exposition propose des légendes plutôt complètes à côté de chaque œuvre ainsi que nombreux textes documentaires sur la vie du collectionneur. On regrette simplement ce côté très « objectivisant » de ces documentations qui nous enseigne beaucoup de faits sur la vie de Carl Gustav Tessin et les conditions d’achat des peintures, laissant de côté toute analyse des œuvres.
Exposition Un Suédois à Paris
Radio Classique
En ce début d’année, le Louvre se mobilise avec de nombreuses expositions temporaires à proposer aux férus d’art ou simplement aux visiteurs ponctuels venu exercer un regard de dilettante sur les monuments des siècles passés. Un Suédois à Paris, Bouchardon ou encore Le Geste Baroque vous font revivre un temps où l’œil se délectait d’un esthétisme complètement différent de nos représentations actuelles.