Eric-Emmanuel Schmitt, prima la musica

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Il est doué, très doué, et il le sait. Tout est facile pour lui, la littérature, la philosophie, le théâtre et même la musique. On pourrait même dire d’abord la musique puisque son maître choisi est Mozart, qu’il maîtrise aussi ce langage, et que ses accointances intimes avec l’art mystérieux des sons permettent à ses mots de voler sans lourdeur tandis que les vocables de ses confrères se meuvent avec lenteur. Mais cette grâce est aussi un danger. Danger de l’autosatisfaction, du narcissisme néronien écoutant sonner ses vers avec délices tandis que Rome brûle. Jeune, il voulait éblouir, aujourd’hui il brille sans peine. Et après ? A sa manière, il est unique et ne ressemble à personne. À moins de nous tourner vers la musique. Eric-Emmanuel Schmitt représente une sorte de Poulenc de la littérature. Vilipendée par l’avant-garde hargneuse ou par les snobs affidés, sa caravane passe et avec un peu de chance elle restera.

Voici son programme :

– Mozart, « Laudate dominum », extr. des Vêpres Solennelles, par Cecila Bartoli
– Schubert, Der Müller und der Bach, arrgt : Liszt, par Bertrand Chamayou
– Bacri, Cosi Fanciulli, Orchestre Opera Fuoco, direction David Stern

Pour les Madeleines :

– Debussy, Childrens Corner, « The Snow is dancing », par Walter Gieseking
– Dvorak, Humoresque n °7, par Christian Ferras et Jean-Claude Ambrosini
– Rina Ketty, Mon coeur soupire (sur l’air de Chérubin des Noces de Figaro de Mozart)