Ce n’est pas seulement un musicien d’exception, c’est un esprit libre, sans préjugés, drôle, fin, sensible, qui a tellement réfléchi sur la vie, les rapports humains et sur lui-même qu’il peut sembler brutal, piquant. Personnalité complexe, Emmanuel Krivine est toujours surprenant parce que les paradoxes de la musique ont façonné son être de telle façon qu’il relie brillamment ce qui peut sembler apparemment disjoint. Mais la musique n’est pas son seul champ de curiosité. Il s’intéresse à tout avec un regard aigu, un mélange d’engagement et de distance qui est la marque des intelligences souples. Avec le temps, il s’est bonifié comme un grand vin sans rien perdre de son âpreté en bouche. On ne s’ennuie jamais avec lui. Sa femme, la violoniste Anne Maury, s’est orientée vers une sorte de musicothérapie qui fait des miracles : http://www.neurofeedback-paris.com/neurofeedbackneurofeedback.html. Cobaye consentant de cette invention canadienne, il a réussi à adoucir son caractère, à apaiser ses tensions internes. Tout en domptant les démons qui demeurent nécessaires à l’exercice de son art.
Voici son programme :
Quatre titres classiques :
– Beethoven : Final de la Symphonie n°4, par La Chambre Philharmonique
– Schumann, par Martha Argerich
– Bach : ‘Ich habe genug’, enregistrement avec Ton Koopman
Madeleines :
– Berlioz : Air du ténor dans l’Enfance du Christ
– Chucho Valdes
– Comedian harmonists dans Veronika