Crachats, coups à répétition, humiliations, insultes quotidiennes, Édouard Louis a tout enduré stoïquement durant son enfance dans un petit village du nord de la France. Sa voix haut perchée, ses manières efféminées, son goût pour les garçons en ont fait une victime toute désignée, d’abord dans sa famille, puis à l’école. La cruauté ordinaire a besoin de boucs émissaires pour exercer son empire abreuvé par l’alcool, la frustration, la misère, le chômage…
L’élévation d’Édouard Louis au-dessus de sa condition et de son rôle de paria s’est déroulée au travers d’amitiés, de rencontres et par les livres, le théâtre, la culture. Il a essayé de comprendre, d’analyser les ressorts de la haine et de l’exclusion dans les textes de Pierre Bourdieu. Puis il écrit son premier roman, à 21 ans, sans haine, sans esprit de revanche. Plus qu’un témoignage, c’est de la littérature en ce sens qu’il tente de transformer la boue en or.
Voici son programme :
– « Va, laisse couler mes larmes », Werther, Massenet, acte III (interprété par Susan Graham, 2009)
– « Pourquoi me réveiller… », Werther, Massenet, acte III (interprété par Jonas Kaufmann, 2010)
– Premier air de « Le temps l’horloge » de Dutilleux (interprété par Renée Fleming)
– Schmerzen, IV des Wezendonk Lieder de Wagner (interprété par Jonas Kaufmann)
Madeleines :
– Jane Birkin : « Le moi et le je » (version au Palace en 2009)
– Etienne Daho et Jeanne Moreau : « Oh la douceur du bagne » (‘Le condamné à mort’, poème de Jean Genet)
– Leo Ferré : « Les anarchistes »