Dvorak par le Quatuor Zemlinsky

Disque après disque, les musiciens du Quatuor Zemlinsky confirment leur talent sans perdre pour autant la générosité qui les caractérise.

Les musiciens du ­Quatuor Zemlinsky progressent régulièrement en affinant leur jeu d’ensemble tout en gardant leurs qualités premières, au premier rang desquelles on retrouve l’enthousiasme de leurs vingt ans (qu’ils fêtent cette année) ! Si cette ­générosité était auparavant nuancée par quelques approxima­tions d’ensemble ou relâchements dans la qualité du son, il n’en est rien dans ces partitions de Dvorák qu’ils maîtrisent de bout en bout, de la tête et des doigts. Dans le Quatuor " Américain ", les ­Zemlinsky nous embar­quent immédiatement en une fresque pittoresque où se dessinent les grands ­espaces de l’Ouest, et où ­intervient également le ­folklore bohémien que ­Dvorák ne peut oublier. Le dynamisme rythmique et la richesse des couleurs font paraître le voyage bien court. Il faut dire que les Zemlinsky réussissent à trouver l’équilibre parfait entre passion et architecture, équilibre qui caractérise si bien l’écriture de Dvorák.
Le Quatuor n° 14, plus complexe, s’avère tout aussi réussi. Les Zemlinsky y déploient une vie folle : leur virtuosité se voit perpétuellement mise au service de l’homogénéité d’ensemble et de la lisibilité de la polyphonie, sans jamais sacrifier le lyrisme, toujours souverain. Pour couronner le tout, le Terzetto est abordé avec le plus grand sérieux et bénéficie d’une interprétation très aboutie, dépassant largement le ­cadre de la Hausmusik. Les Zemlinsky montrent ici qu’ils sont, avec les Pavel Haas (Supraphon), les dignes héritiers des Vlach (Chant du monde) et des Janácek (Decca).
Antonín Dvorák
(1841-1904)
CHOC
Quatuors n° 12 " Américain " B.179 et n° 14 B.193. Terzetto pour deux violons et alto B.148
Quatuor Zemlinsky
Praga Digitals PRDDSD250300(Harmonia Mundi). 2013. 76′ Nouveauté