Les derniers enregistrements de Daniel Müller-Schott consacrés au répertoire slave (Prokofiev, Chostakovitch) ont marqué la discographie. On retrouve ici la belle sûreté d’intonation et son expressivité " à fleur de peau ". Daniel Müller-Schott nuance avec clarté et profondeur à la fois les mélodies de Dvorák sans laisser prise au sentimentalisme. Il possède la puissance nécessaire dans le Concerto pour violoncelle dont il refuse tout pathos. La souplesse dont il fait preuve tranche avec l’orchestre dans l’introduction assez massive et convenue. Puis, on est frappé par la beauté des attaques du soliste. Petit à petit, il impose sa personnalité, déployant un lyrisme et une énergie qui captent les pupitres. Daniel Müller-Schott traduit l’ambivalence des sentiments (tristesse et révolte) exprimés dans le premier mouvement. L’Adagio est magnifiquement équilibré, entre complainte et révolte. Le violoncelle est profondément émouvant avec un phrasé qui imite celui de la voix humaine. Peu de violoncelles " parlent " ainsi avec une telle franchise et une émotion si crédible. Le Finale est tout aussi superbement construit. Daniel Müller-Schott dose les accents tchaïkovskiens, ceux du destin, mais aussi de la tendresse et de la supplique. L’œuvre prend ainsi l’allure d’un poème symphonique, perdant avec bonheur sa dimension de pièce purement virtuose et démonstrative. Nous ne quittons pas la qualité de ces atmosphères avec le Silence des forêts et le Rondo. Le soliste transforme cette dernière pièce relativement anodine en une danse doucement amère et parfois même ironique.
DVORAK À CORDES ET ÂME
Radio Classique
Daniel Müller-Schott est l’un des grands violoncellistes d’aujourd’hui, comme le confirme le récital consacré à Dvorák, d’une émotion à fleur de peau.