Jean Dutourd était ravi d’être invité à l’émission. Il l’écoute chaque soir et se demandait si on allait l’appeler un jour. Il est arrivé au studio, assez fatigué, marchant péniblement, marmonnant quelque ressentiment contre cette « vieillesse ennemie », mais dès que le micro s’est ouvert, il a retrouvé sa forme de jeune homme.
Il est l’un des rares invités à m’avoir laissé un message sur mon répondeur, me remerciant pour ce délicieux moment passé ensemble.
J’ai adoré l’une de ses dernières phrases : « Pour être heureux, il faut savoir surmonter ses douleurs ». C’est tout simple, mais plein de sagesse.
Quand j’étais jeune, Jean Dutourd était très mal considéré dans ma famille. Un homme de droite, royaliste par-dessus le marché et tellement réactionnaire ! Le diable en personne pour ma mère. Pourtant, chaque fois que je l’ai lu, vu ou entendu, j’ai toujours été séduit par son courage et sa lucidité. C’était l’époque où il valait mieux avoir tort avec Sartre qu’avoir raison avec Aaron.
Voici son programme :
Jean Dutourd
Sonate « Le printemps » de Beethoven – 1er mvt – Menuhin et sa sœur ou Grumiaux
Madeleines
Symphonie « Pastorale » de Beethoven – 1er mvt – Bruno Walter
« Valencia » (chanson leste)
Concerto n° 1 de Beethoven – 3e mvt – thème dansant vers 2’30 Argerich
Don Giovanni de Mozart « La ci darem la mano » (Krips)
Le Guépard (scène du bal, qui commence par un galop ?) Nino Rota
Tchaïkovski : Capriccio italien
Schubert : La Truite – Serkin équipe de Marlboro – 4e mvt
Debussy : 1ère Arabesque (Chaplin)
Offenbach : La vie parisienne – « il est content mon colonel »