En amour, il ne faut pas être aveugle, nous dit Teresa Berganza, mais « borgne » comme Eboli (dans le Don Carlos de Verdi).
C’est le cas de Dominique Fernandez qui nous fait partager sa passion pour Stendhal sans se jeter à coeur perdu dans la pose de l’hagiographe transi.
Il admire l’homme libre, l’écrivain insolent, il aime sa désinvolture, son éblouissant talent pour dire ce qu’il pense dans une langue fluide et sensuelle, sans se prémunir de précautions, sans montrer son meilleur profil pour la postérité. Il y a du Berlioz dans Stendhal, l’égocentrisme meurtri en moins, l’égotisme gai en plus. Mais Dominique Fernandez ne cache pas les faiblesses de l’auteur de La chartreuse qui sont autant de charmes qui le ravissent, car elles portent l’éclat d’une jeunesse éternelle. Jeunesse, voire naturel capricieux dont il est sans nul doute l’héritier. Si le roman est un miroir que l’on promène sur le chemin (formule stendhalienne si connue qu’elle en est devenue un sujet de Bac), c’est bien soi qui se réfléchit dans ce qu’on aime.
Voici son programme :
1. Cimarosa, Matrimonio segreto, Acte I, duo Paolino/Carolina, « Cara, non dubitare ».
2. Cimarosa, id., Acte II, air du ténor « Pria che spunti in ciel l’aurora ».
3. Cimarosa, id., Acte II, air de la soprano « Come tacerlo poi ».
4. Rossini, Ouverture du Barbier de Séville
5. Mozart, air de concert (Edita Gruberova)
I. Tchaïkovski, début de la cinquième symphonie.
II. Rachmaninov, début du concerto de piano N° 3.
III. Chostakovitch, début du concerto de violon N° 1 (« nocturne »)