C’est si mystérieux le pays des larmes, dit-on dans Le petit prince de Saint-Exupéry.
Dominique Blanc avait bien prévu d’évoquer sa relation profonde avec Patrice Chéreau, alors qu’elle retourne au théâtre de l’Atelier où ils avaient dit ensemble La douleur de Marguerite Duras. Chéreau qui l’a choisie, qui l’a formée, qui l’a aimée, qui l’a portée, qui l’a révélée à elle-même.
Mais c’est sur les vers de Phèdre que l’émotion l’a submergée. « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue / Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue. » La beauté de l’alexandrin, le souvenir du travail, la chair des mots ont soudain révélé l’absence comme la chaise vide de Panisse lors de la (seconde) partie de cartes dans César et lui ont à nouveau fendu le coeur. À vif.
Mais Dominique Blanc a petit à petit recouvré ses moyens pour nous parler en profondeur du mystère de l’incarnation et nous a livré une magnifique déclaration d’amour au théâtre. Être une actrice libre, tu sais, c’est pas si facile. Mais c’est si beau.
Voici son programme :
– Mozart : Les noces de Figaro, « Non so piu » (par Frederica Von Stade)
– Johann Strauss : Roses du Sud (Boston Symphony Chamber)
– Richard Strauss : Elektra, en hommage à Chéreau
Madeleines :
– Janis Joplin : « Summertime »
– Francis Cabrel : « Je l’aime à mourir »
– Cookie Dingler : « Être une femme libérée »