Né en Roumanie en 1928 et déporté en 1944, à 15 ans, Elie Wiesel s’est éteint samedi dernier à l’âge de 97 ans. Il laisse derrière lui une impressionnante bibliographie – plus de cinquante romans, pièces de théâtres ou essais, écrits en yiddish comme en français ou anglais.
A sa sortie du camp en avril 1945, il entreprend des études de philosophie à la Sorbonne tout en écrivant périodiquement pour un quotidien israélien. Il rencontre l’écrivain François Mauriac, qui l’aidera à publier son premier livre, La Nuit, et en rédigera la préface. Récit de sa déportation, le livre restera neuf semaines d’affilée sur la liste des meilleures ventes du New York Times, record inégalé pour un ouvrage de non-fiction.
Wiesel obtient la nationalité américaine en 1963 ; il est alors âgé de 35 ans. Ses nombreux essais sur le judaïsme et la défense de la Mémoire connaissent un vaste succès et en 1980, il participe à la création du Conseil américain du mémorial de l’Holocauste : il recevra la médaille d’or du Congrès américain pour les actions qu’il réalisera à sa tête, notamment l’ouverture d’un musée-mémorial national. Entre autres, Elie Wiesel recevra également la Légion d’honneur en 1984 (il sera élevé aux grades de Grand-officier en 1990 puis Grand-croix en 2001), le prix Nobel de la Paix en 1986, et le titre de Messager de la paix des Nations unies en 1998.
Depuis l’annonce de sa disparition samedi les hommages à l’essayiste, écrivain prolifique et défenseur acharné des droits de l’Homme, n’ont cessé de se multiplier. Ainsi François Hollande saluait la mémoire d’un « inlassable défenseur de la paix » tandis que Barack Obama réaffirmait son respect pour « l’une des grandes voix morales de notre temps ».