Disparition de l’écrivain Michel Butor le 24 août

Il était le 9 mars dernier l’invité de « Passion classique » d’Olivier Bellamy. Précédé de son regard malicieux et de sa barbe de patriarche, Michel Butor venait évoquer son dernier essai - Hugo (Buchet-Chastel) – et quelques rencontres importantes de sa vie d’artiste.

Ecrivain prolifique mais d’une humilité proverbiale, qui n’eut de cesse que de communiquer sa passion du langage, l’auteur de La Modification (Prix Renaudot 1957) s’attacha à tisser des liens étroits entre les muses Euterpe (Musique) et Terpsichore (Poésie lyrique et danse).
En témoignent le livret de l’opéra Votre Faust (1968) sur une musique du compositeur belge Henri Pousseur, qui participait des expérimentations alors à la mode autour de l’œuvre ouverte, son amitié avec le musicologue Célestin Deliège, le compositeur Jean-Yves Bosseur, mais aussi des études sur Bach, Moussorgsky ou Stravinsky, ainsi qu’un dialogue remarqué avec Beethoven autour des 33 Variations sur une valse de Diabelli (1971). Un texte que Butor présenta souvent en « concert-lecture » aux côtés du pianiste Jean-François Heisser.
En 1996, comme pour s’excuser de la masse d’imprimés qu’il laisse derrière lui, il confiait à Libération : « Mes livres ont, je le vois bien, un côté médusant ; les gens ont peur de rentrer dans ce labyrinthe de plus en plus énorme. Moi-même, j’ai du mal à les ranger, je ne parviens pas toujours à m’y orienter. »
Sans doute ne faut-il pas se laisser intimider par cet imposante production et se perdre avec délice dans le « labyrinthe » conçu par cet homme qui, pour reprendre les mots d’Olivier Bellamy sur son blog (http://blog.radioclassique.fr/olivierbellamy/2016/03/12/michel-butor-la-jeunesse-de-lesprit/ )« est un chercheur de mots et d’images qui a conservé intact l’enthousiasme de la jeunesse. »