Ami de Christian Dior, Jean Cocteau disait, bien avant qu’il ne lance son fameux New Look, que son nom était composé de deux mots : dieu et or. Proche de Poulenc et d’Henri Sauguet, Dior était un artiste total, qui aurait probablement été peintre ou musicien ou metteur en scène s’il n’avait pas tant aimé habiller les femmes. Grâce à Marie-France Pochna, qui a signé chez Flammarion une excellent biographie du couturier mythique, on a pu savoir qu’il avait appris la composition musicale et qu’il maîtrisait très bien cet art. Deux jours après sa mort en octobre 1957, Henri Sauguet a écrit à sa mémoire un Pie Jesu pour voix et orgue qui a été joué le jour de ses obsèques. Marie-France Pochna m’a confié le fac-similé de cette émouvante partition. Je la tiens à la disposition des artistes qui voudraient l’interpréter, voire l’enregistrer puisque cela n’existe pas en disque.
Pour cette émission, Marie-France Pochna m’a apporté également la liste des disques de musique classique que Christian Dior possédait. On a puisé dedans pour composer le programme. Dior avait également un goût musical très pointu : Brahms (à l’époque où on ne l’aimait pas en France), Schubert (à l’époque où on n’écoutait que les Impromptus ou la Symphonie Inachevée), Bach, Beethoven, Mozart. Peu d’opéras (à part Mozart) et beaucoup de musique de chambre. Comme disait Christian Dior : « avoir du goût, c’est avoir le sien ». En musique aussi, il ne suivait pas la mode et était à la recherche de l’essentiel.
Voici son programme :
Stravinsky : Sacre du printemps (Boulez)
Madeleines (morceau écouté brièvement, qui rappelle un souvenir)
Poulenc : Concerto pour deux pianos (mvt lent)
Sauguet : Les forains
Virgil Thompson : Louisiana Story
Programme :
Concerto Brandebourgeois n° 6 de Bach – Münchinger
Enlèvement au sérail de Mozart / Air d’Osmin Ah I will triumphieren – Beecham
Brahms : Symphonie n° 2 / Intermezzo / Toscanini
Schubert : Octuor (3e mvt) St Martin in the Fields
Ravel : Rhapsodie espagnole (Feria) – Monteux