Le roman de Didier van Cauwelaert ne séduira pas ceux qui ont des idées toutes faites sur la période nazie ou qui ont une vision tranchée du bien et du mal. Il ne s’agit pas d’humaniser des monstres, non, mais d’apporter un regard nuancé sur certaines personnes que l’Histoire a condamnées alors qu’elles ont tenté de résister de l’intérieur, autant qu’il leur était permis de le faire. Tel est le cas de l’héroïne de La femme de nos vies pour qui la recherche scientifique et le devoir d’obéissance n’ont jamais éteint la petite flamme d’humanité qui brûlait en elle, dans une conjoncture de barbarie organisée et de folie totalitaire. C’est ce que ne comprennent pas (comment le pourraient-ils s’ils en ont souffert dans leur chair ?) ceux qui reprochent au pape François son attitude prétendument molle durant les exactions de la dictature argentine.
La deuxième chose, c’est le poids de l’infamie qui pèse sur les descendants des « hontes de l’Histoire » désignées sans preuves. On a beau savoir que la responsabilité est individuelle (même à plusieurs) et pas collective, et en aucun cas génétique, les préjugés et le besoin de trouver des coupables ont la vie dure.
L’autre grand thème du livre, c’est ce destin incroyable d’un jeune garçon vacher, considéré comme attardé mental, promis à la chambre à gaz, sauvé par un camarade juif. Il feint d’être surdoué pour rester vivant et surtout pour honorer une promesse faite à son sauveur dont il conserve le nom, et deviendra un grand physicien. Son dernier acte d’amour et d’humanité sera pour réhabiliter la mémoire de celle qui l’a protégée aux yeux de sa petite fille.
Admirable et fascinante histoire que Didier van Cauwelaert suit avec maestria, sans effets de style, d’une langue vive, précise et sensible.
Voici son programme :
4 classiques :
1) Danse hongroise n°5 de Brahms (London Festival Orchestra) – direction Alfred Scholz ?
2) Danse du sabre de Khatchatourian
3) Le Trouvère de Verdi – enregistrement Callas et Di Stefano (si extrait avec Di Stefano, choisir l’air « Di Quella Pira »)
4) Orphée aux Enfers d’Offenbach, par Natalie Dessay
Ou La Barcarolle des contes d’Hoffmann, toujours par Natalie Dessay
3 madeleines :
1) Le Passe-Muraille, 2e CD air n°22 « Sérénade au mur » de Michel Legrand et Didier van Cauwelaert
2) La maîtresse d’école de Brassens, repris par Maxime Leforestier (album 12 nouvelles de Brassens)
3) Salut les amoureux de Joe Dassin.