" La mélodie n’a jamais fait partie des éléments centraux de la recherche musicale de Lindberg " écrit Lauri Otonkoski. Le scintillement orchestral non plus, est-on tenté d’ajouter. C’est pourtant une magnifique ligne mélodique éthérée qui conduit le premier mouvement du Concerto pour violon (2006) du compositeur finlandais, déjà enregistré par Lisa Batiashvili (Sony) ; un concerto à la nomenclature mozartienne, qui renforce la translucidité de l’œuvre. Lindberg reste néanmoins un tempérament fougueux, qu’incarnent de nombreux changements de métriques, comme le remarque Pekka Kuusisto, qui dirige un orchestre mi-opulent mi-opalescent, tout en tenant une partie de violon grisante, plus dense encore qu’avec Batiashvili.
Jubilees était à l’origine un cycle de six pièces brèves pour piano ; Lindberg les a transcrites pour un large orchestre de chambre, répondant à une commande de l’Ensemble Intercontemporain. Pour cette raison peut-être, le compositeur tient la bride à ses appétits sonores : peu de plages de détentes ouvertement consonantes. Souvenirs, également pour orchestre de chambre, rend un hommage à deux des professeurs de Lindberg, Gérard Grisey et Franco Donatoni. Lindberg y est pourtant lui-même, magmatique, quasi romantique, rien moins que théorétique, comme l’est l’essentiel de sa musique. Dans un catalogue fourni, constitué d’œuvres parfois trop riches, émerge ici un ineffable Concerto pour violon.
Magnus Lindberg (né en 1958)
Concerto pour violon. Jubilees. Souvenir
Pekka Kuusisto (violon et dir.*), Tapolia Sinfonietta, dir. Magnus Lindberg
Ondine ODE11752 (Abeille). 2010-2013. 66′
Nouveauté
Découvrir Magnus Lindberg
Radio Classique
Soucieux d’attirer davantage de suffrages, Lindberg déploie des thèmes mélodiques sans renoncer à une écriture en adéquation avec son temps.