Décès d’Harry Halbreich

Le grand musicologue belge avait 85 ans

Nous connaissons davantage le K. (Köchel) chez Mozart, ou le D. (Deutsch) chez Schubert ; et bien le H. utilisé pour recenser les œuvres du Tchèque Bohuslav Martinu et du Suisse Arthur Honegger renvoie à Halbreich, musicologue infatigable et critique musical redouté, réputé pour son enthousiasme communicatif, sa franchise et l’autorité de son jugement. Indépendamment de ces deux catalogues, on lui doit une douzaine de biographies de musiciens, dont celles d’Arthur Honegger et d’Olivier Messiaen. Il s’est exprimé également sur Wilhelm Furtwängler, Felix Mendelssohn, Anton Bruckner, Albert Roussel, Albéric Magnard, Jean Sibelius, Jan Dismas Zelenka et Antonin Dvorak.

Très actif dans le domaine de la musique contemporaine, Harry Halbreich manifesta à plusieurs reprises de sérieuses réserves quant à l’hégémonie exercée par la technique sérielle dans la vie musicale d’après guerre. Cela lui valu d’ailleurs quelques déboires sur lesquels il était le premier à ironiser (« j’y ai laissé des plumes »). Il en défendait avait d’autant plus de vigueur les compositeurs « hors système » injustement mis à l’écart, tels Iannis Xenakis, Maurice Ohana, Giacinto Scelsi ou Franco Donatoni.