« C’est la plus belle intégrale de Bach, la plus poétique, la plus chaleureusement humaine que le disque nous ait jamais donné » : ainsi nos confrères de Classica saluaient-ils l’intégrale de l’œuvre pour orgue du Cantor de Leipzig récemment rééditée (La Dolce Volta) sous les doigts d’André Isoir, disparu mercredi dernier le jour de ses 81 ans. Cet ancien élève de l’Ecole Césars Franck (dont il grava l’œuvre pour orgue chez Calliope), 1er Prix d’orgue et d’improvisation à l’unanimité au Conservatoire de Paris, se doublait d’un érudit. Son intérêt pour l’organologie, qui lui valut de siéger à la commission des orgues des Monuments historiques, transparaissait dans ses écrits, cours, conférences, et les notices accompagnant ses enregistrements. Pour son intégrale Bach, il sollicita six instruments de manière à servir au mieux les différentes étapes stylistiques de ce monument. André Isoir s’est également informé des pratiques en usage au XVIIIe siècle afin d’adopter la bonne position à la console.
Rafler trois années consécutives (1966-68) le prestigieux 1er Prix du Concours international de Haarlem n’a pas empêché cet homme discret et distingué de consacrer son temps précieux à la pédagogie en donnant des cours aux Conservatoires d’Orsay (jusqu’en 1983) et de Boulogne-Billancourt (jusqu’en 1994). Il occupa par ailleurs la tribune des églises de Saint-Médard (1952-67), Saint-Séverin (1967-73) et Saint-Germain-des-Prés (depuis 1973). Son legs discographique comprend une soixantaine d’enregistrements, considérés pour la plupart comme des références.