Magistral, ce Viol de Lucrèce façon David Mc Vicar et Paul Daniel. Dans un simple espace abstrait magnifié par les éclairages subtils de Paule Constable, le premier sait installer le malaise aussi vite que Britten, dès la première scène. La forte présence physique qu’il tire des guerriers romains, avec un Christopher Maltman fascinant de virilité, de mobilité, de désir, un Clive Bayley stable et puissant, un Leigh Melrose vif et envieux, avec l’impact expressif du Male chorus de John Mark Ainsley, n’est pas moins fascinante que la délicatesse et surtout la détresse qu’il fait naître de Sarah Connolly, Lucrèce toute en nuances et expressions, et d’une vraie féminité malgré un physique assez masculin, sans mièvrerie. Qui plus est, ils sont tous formidablement saisis par la caméra de Sue Judd, qui les fait exploser à l’écran. Et comme le chef distille les moires de Britten avec une efficacité confondante, et une imagination porteuse pour des chanteurs tous parfaits, osant le jusqu’au-boutisme vocal, cela donne une présence impérieuse à ce drame d’une humanité irrésistible. La référence désormais, même si elle date déjà de 13 ans.
DAVID McVICAR MET EN SCÈNE L’INFAMIE
Radio Classique
« Le viol de Lucrèce », magistral chef-d'œuvre d'intimité dramatique du compositeur anglais Benjamin Britten est ici prodigieusement mis en scène. Une nouvelle référence.