Création mondiale debussyste révélée sur la toile ce week-end dernier, grâce à la radio publique allemande Deutschlandfunk, qui diffusait un concert donné à Göttingen, le 11 décembre 2013. Pour la première fois, les deux opéras inachevés de Claude Debussy, La Chute de la Maison Usher (sur lequel le compositeur travailla entre 1908 et 1917) et Le diable dans le beffroi (projet esquissé entre 1902 et 1912) – les deux d’après Edgar Allan Poe – étaient réunis en une seule soirée, sous la direction de Christoph-Mathias Mueller, à la tête du Chœur de chambre de Saint-Jacobi, du Chœur de garçons et de l’Orchestre symphonique de Göttingen, avec en solistes la sopano Linlin Fan et le baryton William Dazeley. On doit cette résurrection au Britannique Robert Orledge. Ancien élève de Cambridge, où il a soutenu son doctorat sur Charles Koechlin, il a longtemps enseigné à l’université de Liverpool, tout en consacrant de nombreux articles à la musique française – outre Koechlin, Fauré, Debussy et Satie. Une retraite anticipée lui a permis de compléter et orchestrer La chute de la maison Usher, en 2004. Cette orchestration fut donnée avec succès au festival de Bregenz, en août 2006 (mise en scène de Phyllida Lloyd et direction musicale de Lawrence Foster), ce dont témoigne un DVD édité depuis par Capriccio. À cette partition d’une cinquantaine de minutes, où il faut apprécier une orchestration assez subtile, où Orledge " invente " le Debussy d’après Pelléas, il convient désormais d’ajouter celle qu’il réalisa à la même époque du Diable dans le beffroi – les deux éditées chez Durand, en 2006. D’une trentaine de minutes, Le Diable dans le beffroi est un opéra comique, où le personnage du diable est finement brossé par l’orchestrateur, bien dans l’esprit de Debussy qui, dans une lettre à Messager évoquait : " un diable ironique et cruel ". On trouve par ailleurs dans la partition des effets bien dans le style de Debussy (chœurs sans paroles, percussions théâtrales, cuivres menaçants…), sans oublier quelques emprunts à d’autres compositeurs. À quand la première française de ces opéras courts ?
Création autour de Debussy
Radio Classique
Deux ouvrages inachevés de Claude Debussy renaissent à Göttingen.