CONNESSON COMPOSITEUR EN DIABLE

L'’étonnant Jean-Christophe Spinosi, à la tête de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, nous offre un nouveau feu d’artifice.

Guillaume Connesson, dont Classica vous parle régulièrement, est bien servi par le disque. Sa musique d’orchestre hédoniste, aux couleurs éclatantes et aux rythmes acérés, a déjà été admirable ment dirigée par Stéphane Denève chez Chandos, la " Cosmic Trilogy " a été noté " Choc " en mars 2010. Le Concerto pour violoncelle de 2008 résume à lui seul l’esthétique du compositeur, qui semble osciller entre deux pôles. À une première partie âpre, tendue, succède une autre lumineuse et finalement exultante. À l’intérieur de ces deux parties, cinq mouve ments d’une grande densité se dessinent, nourries d’influences a priori contradictoires : Dimitri Chostakovitch, Olivier Messiaen, John Adams… Les qualités narratives et mélodiques de l’écriture les unissent dans un grand souffle, porté par le violoncelle de Jérôme Pernoo, en état de grâce, et un Jean-Christophe Spinosi en très grande forme à la tête de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Le ballet Lucifer, créé à Pau en 2011, est plus syncrétique encore. Les sept mouvements de cette grande symphonie illustrent un livret du compositeur, " adaptation libre de la figure de Lucifer à laquelle se sont ajoutés les mythes de Prométhée et du Graal ". C’est également, dans un cadre tonal relativement traditionnel, une débauche d’idées thématiques, harmoniques, orchestrales et rythmiques du plus bel effet. Les éruptions de joie succèdent à de spectaculaires courses à l’abîme, avec de rares mais saisissants moments de répit. Guillaume Connesson fait son miel de toutes les sources musicales, y compris les moins prisées, comme la musique de film de John Williams et Lalo Schifrin… Il ose, avec un enthousiasme communicatif, et cette audace fait du bien.