Alexis Weissenberg connaît une enfance baignée dans la musique avant de compléter sa formation à Jérusalem et à New York où il travaille avec Artur Schnabel (« Vous n’avez rien à apprendre, mais quelque chose à développer ») et la claveciniste Wanda Landowska. Sa technique d’acier lui assure une réussite croissante, d’abord aux Etats-Unis, puis en Europe. Herbert von Karajan le réclame à Berlin en 1967, tandis que Jacques Chancel le sollicite souvent dans le cadre du Grand Echiquier. Son style direct et épuré comme l’absence de suavité de son toucher divisent la critique qui lui reconnaît toutefois une énergie peu commune alliée à une large culture dans son approche des œuvres.
Le coffret publié par Sony, centré sur sa carrière américaine, atteste de cette virtuosité contrôlée et du charisme qui transpire de sa personnalité. D’autant que figurent quelques incontournables de la discographie, à commencer par les Vingt-quatre Préludes de Rachmaninov et un album Chopin (Troisième Sonates et deux premiers Scherzos). Si l’échantillon de pièces de Debussy et les Sonates de Haydn restent connus des mélomanes, le rayon des raretés affichent un Concerto pour n° 3 de Rachmaninov avec Georges Prêtre et le Symphonique de Chicago (Weissenberg l’enregistrera de nouveau avec Leonard Bernstein et le National de France) et un Concerto pour piano n° 2 de Bartók flanqué d’Eugène Ormandy et son Orchestre de Philadelphie. Le premier disque, une mono de 1949, le voit s’illustrer dans son répertoire de prédilection : Prokofiev, Scriabine et Rachmaninov.
Alexis Weissenberg : The Complete RCA Album Collection (Coffret de 7 CD Sony)