Les lecteurs de livres, influencés par le cinéma et les séries télévisées, autant que par une certaine idée dix-neuviémiste du « romanesque », recherchent souvent une histoire foisonnante, à multiples rebondissements, offrant un délassement exotique propre à les distraire de leur quotidien et aiment retrouver un mélange savamment dosé de passion, d’action et d’introspection qui ressemble à la recette d’un cocktail. À ce jeu, Clément Bénech ne répond pas. L’histoire de son Été slovène tient en deux lignes et demie. Tout l’art de l’écrivain consiste à décrire précisément des sensations volatiles, des impressions vagues. Il nous joue la petite musique d’un amour qui se meurt tout doucement, à travers d’imperceptibles glissements de terrain. Son style tourne le dos au pathos, à l’apitoiement, au sentimentalisme et il n’est pas sûr qu’il soit apprécié à sa juste mesure. Mais la littérature, imperméable au qu’en-lira-t-on, accueille l’un de ses enfants naturels sous son aile protectrice et reconnaît ce bâtard dont la modernité n’a que faire avec un large sourire.
Voici son programme :
– Haendel, Suite en sol mineur, HWV 434, Menuet
– Bach, Sixième prélude, BWV 851
– Barber, Adagio for strings
– Bach, Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ, transcription piano (Horowitz)
3 madeleines :
– Oxmo Puccino, « J’ai mal au mic »
– Jean-Louis Aubert, « Voilà c’est fini »
– Babyshambles, « Albion »