Julien Gracq nous dit que le musicien incarne la liberté expressive que l’interprète ne possède pas. Une affirmation que Christophe Rousset, par son parcours, pourrait entièrement contester. Son travail, mais surtout sa passion, c’est de défricher les œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles, les extraire de leurs mises en scène datées pour leur donner un nouveau souffle.
Christophe Rousset étudie d’abord le clavecin à la Schola Cantorum sous la direction d’Huguette Dreyfus puis il perfectionne son art au Conservatoire Royal de La Haye avec Bob Van Asperen. Son talent de claveciniste le porte rapidement sur le devant de la scène baroque, ce qui lui donne l’occasion d’enregistrer du F. Couperin, Rameau, d’Anglebert ou encore J.S Bach.
Parallèlement il se découvre une voie qui lui permet d’exprimer pleinement son amour pour la musique : la direction. Selon ses mots propres : « Le clavecin, c’est mon laboratoire, j’y expérimente la musique comme un photographe travaille ses tirages en noir et blanc ; à l’orchestre, je brasse la couleur, je répartis la pâte, j’équilibre les à-plats. » C’est donc avec le doigté de l’artiste qu’en 1991, il fonde l’ensemble Talens Lyriques. Défendant un large répertoire lyrique et instrumental qui s’étend du Premier Baroque au Romantisme naissant, l’ensemble s’attache à éclairer les grands chefs-d’œuvre de l’histoire de la musique, à la lumière d’œuvres plus rares ou inédites, véritables chaînons manquants du patrimoine musical européen. Ce travail musicologique et éditorial est une priorité de l’ensemble, qui rencontre ainsi un large succès public et critique. On retiendra son interprétation très contemporaine, presque rock, de Médée de Luigi Cherubini. Les Talens Lyriques investiront le Théâtre des Champs-Elysées le 1er octobre pour le Didon et Enée d’Henry Purcell et enchaînera le 15 octobre avec Les Horaces de Salieri au Château de Versailles.
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