Chantal Thomas éclaire les Lumières

Philippe Muray disait que c’était la femme la plus intelligente qu’il n’avait jamais rencontrée de sa vie.
Chantal Thomas est aussi extraordinairement sensible, mais elle n’écrit ou ne dit jamais de bêtise. Quand il lui semble que tout a été dit sur la question (Don Juan), elle se tait. Dénuée de toute vanité, elle était surtout contente, à la fin de l’émission, d’avoir fait partager des musiques qu’elle aime. Or je reçois à l’instant le message d’une auditrice transportée par la découverte de Jose de Nebra qu’elle écoute désormais à la manière d’une « drogue dure ». En universitaire éclairée, Chantal Thomas vibre avant tout pour partager le fruit de ses recherches. Son Échange des deux princesses est une sorte de chef-d’oeuvre qui dépasse de loin ce qu’on a coutume de ranger sous le genre des romans historiques.
Nous nous sommes rencontrés lors d’une sorte de causerie littéraire dans un café parisien à la mode où personne n’écoutait ce que nous disions hormis une poignée de passionnés et où la plupart des gens riaient, buvaient du champagne et conversaient. Gêné par ce manque de respect à son endroit, j’ai tenté en vain d’imposer le silence. Elle s’est contentée de répondre que, vivant la plupart du temps au XVIIIe siècle, ce genre de comportement ne l’étonnait guère. On n’aurait pas pu être plus spirituel et faire davantage preuve d’élégance.

Voici son programme :

– Un passage de José de Nebra : Amor aumenta el valor, Los Musicos de Su Alteza, Luis Antonio Gonzalez
– Barroco Espanol, Al Ayre Espanol, Eduardo Lopez Banzo, vol. 1, N° 10 : Juan Frances de Iribarren, « Viendo que Jil, hizo raya »
– Mozart : Ouverture de Cosi fan tutte
– G.F. Handel : Renée Fleming, Orchestra of the Age of Enlightenment, N° 11, Da tempeste il legno infranto, Giulio Cesare

Madeleines :

– Lou Reed : « Walk on the Wild Side »
– Léo Ferré : « Les anarchistes »
– Lady & Bird : « La Ballade de Lady & Bird »