Captain Fantastic, un exaltant souffle de liberté

Au beau milieu d’une forêt où la lumière a du mal à pénétrer résident Ben Cash et ses six enfants, qu’il élève en pleine nature.

Ils mangent ce qu’ils chassent, se vêtissent de peaux d’animaux et vivent au rythme des séances de sport et des lectures philosophiques imposées par leur père. Voilà pourquoi, Zaja, à huit ans tout juste, est déjà capable de réciter la totalité des amendements de la Constitution américaine et d’en fournir une analyse critique. Ben, dont l’anticapitalisme est poussé à son paroxysme,  veut faire de ses bambins des « philosophes-roi » et rejette la vision de l’éducation tristement établie dans nos sociétés occidentales. Cet équilibre se trouve vite chamboulé à la suite du décès de Leslie, la femme de Ben, atteinte de psychoses depuis sa jeunesse.  Ben se retrouve coincé entre la haine d’une famille qui l’accuse d’avoir précipité la disparition de sa femme et la volonté de préserver malgré tout son utopie. Derrière les principes, on découvre un homme qui aime profondément sa famille et qui tente de la protéger coûte que coûte [il se bat pour préserver la garde de ses enfants face à des grands-parents réactionnaires]. Viggo Mortensen, plutôt accoutumé aux rôles de brigands mafieux voir torturés apparaît ici touchant  en père de famille néo-hippie  et déterminé. Ce film donne un regard pertinent sur l’Amérique. Matt Ross s’est amusé à exacerber les symptômes de la société capitaliste. En plus d’être une jolie parenthèse de vie [librement inspirée de l’enfance du réalisateur], ce film est irrésistiblement drôle et le scénario ne tombe jamais dans la caricature. Un film anti-déprime qui donne (presque) envie de s’exiler loin de l’agitation parisienne !