Les disques Brahms d’Hélène Grimaud ont montré des affinités électives entre la pianiste et l’univers du compositeur. Que l’on se souvienne de ses très personnels opus tardifs ou de son excellente version du Concerto n° 1 avec Kurt Sanderling (les deux pour Erato). On attendait donc avec bienveillance ce nouveau coffret marquant la rencontre d’Hélène Grimaud avec Andris Nelsons, l’un des chefs les plus prometteurs de la jeune génération, et deux phalanges d’exception, susceptibles de typer chaque lecture. Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur. Le problème vient d’emblée de la direction lourde de Nelsons avec le RSO de Bavière dans le Concerto n° 1, dont la massivité surprend. L’énergie s’en trouve dispersée et les baisses de tensions se multiplient. Ensuite le piano s’impose sur le devant de la scène, irréaliste et uniformément froid. Le chant est comme scandé, d’une verticalité assez dure, ne se fondant jamais avec cet orchestre compact aux timbres rugueux. L’ennui pointe dans l’Adagio. Est-ce une gestion du temps inadéquate ? Tout est réuni et pourtant… rien ne se passe.
Le constat est identique dans le Concerto n° 2 avec Vienne, que la prise de son revoit en arrière-plan. On retrouve un Brahms uniforme, tenu par la seule énergie des contrastes, l’abattage du piano (à partir de 8′ de l’Allegro non troppo), sans clair-obscur, sans narration et ni continuité psychologique, comme si toutes les phrases étaient collées les unes aux autres, dénuées d’intuition poétique. Dommage.
Johannes Brahms
(1833-1897)
**
Concertos pour piano n° 1 et 2
Hélène Grimaud (piano), Orchestre symphonique de la Radio de Bavière (n° 1), Orchestre philharmonique de Vienne (n° 2), dir. Andris Nelsons
DG 2 CD 4791058 (Universal). 2012. 1h41′ Nouveauté §§§
Brahms par Grimaud
Radio Classique