Il est d’une finesse et d’une profondeur incroyables. Son humour cache un désespoir existentiel qui nous le rend encore plus attachant. Boris Berezovsky est retourné vivre à Moscou à cause de la langue russe, car il s’est rendu compte qu’il ne pourra jamais tout à fait exprimer tout ce qu’il ressent, dans toutes ses infinies nuances, en français ou en anglais. Mais la musique lui permet de toucher tous les coeurs sur tous les continents.
Il nous fait du bien aussi à deux autres niveaux. D’abord, il refuse d’entrer dans les polémiques toutes faites, les accusations sommaires, les procès rapides de la Russie actuelle. « Je n’en pense rien », déclare-t-il simplement. Non que cela ne le touche pas, mais la question mérite plus qu’une formule à l’emporte-pièce. Ensuite, il nous rappelle que Debussy, Ravel et les musiciens français sont nos trésors nationaux. Les musiciens, les mélomanes le savent, tandis que c’est le pays tout entier qui devrait le savoir. Mais il est vrai que la France est si belle et si pleine de richesses naturelles et artistiques. C’est presque trop pour un peuple qui ne cesse de geindre et de râler !
Voici son programme :
– Debussy : Prélude à l’après-midi d’un faune
– Ravel : Daphnis et Chloé, Lever du jour
– Tchaïkovski : Concerto pour piano n° 2 (par Shura Cherkassky)
Madeleines :
– Les yeux noirs
– Choeur de l’Armée rouge
– Joe Dassin