Elle prend son temps, Blandine Verlet, pour égrener chaque mot, comme un gourmet qui choisit des chocolats dans une confiserie, malgré la file d’attente des chalands pressés qui piétinent. Nous sommes dans un autre monde, dans un autre temps, celui de François Couperin le Grand. Un monde où la douceur prend le pas sur l’efficacité, la compétitivité et les emplois du temps surbookés. Un monde chaleureux, mais précis, où rien n’est formaté, et où tout remonte selon un rythme naturel quelque peu oublié.
Sous ses doigts moelleux, le clavecin ne ressemble plus à « deux squelettes faisant l’amour sur un toit en zinc » (Thomas Beecham), mais à un merveilleux parfum d’antan, charnel, capiteux et voluptueux.
Voici son programme :
* Couperin (Blandine Verlet) « Les ombres errantes »
* Bach – La Chaconne pour violon (Milstein)
* Purcell – La mort de Didon (J. Baker)
* Schubert – Mouvement lent du quintet à 2 violoncelles (Quatuor Weller)
* Ligeti – Requiem
Madeleines :
* Purcell – L’air du froid interprété par Klaus Nomi
* Barbara – Il pleut sur Nantes
* Ligeti – Le continuum pour clavecin