Bernard Lavilliers, horizons chimériques

Il dégage un tel mélange de force et de sensibilité qu’on ne sait pas s’il va vous fusiller du regard ou fondre en larmes. Ses yeux sont pleins de rêves et de voyages, d’harmonies du beau pays de France et de rythmes tropicaux, de combats singuliers, d’amours perdus et de chants retrouvés. Bleus à force d’avoir scruté l’horizon, rouges d’avoir trop veillé la nuit dans l’attente d’une vision ou d’une chute pour sa chanson, noirs à force de boire l’encre de Cendrars et d’Aragon ou d’avoir trop gueulé. Sa voix est un soleil couchant qui réchauffe et qui saigne. Sa main est ferme et solide. C’est une main de travailleur, une main de boxeur avec des doigts de poète, pour compter les pieds de ses vers, avant de prendre le dernier pour la route. On n’est jamais sérieux quand on a dix-sept ans, ni quarante, ni soixante et qu’on est le funambule de ses passions hallucinées, entre Rimbaud, Cocteau et Picasso, hisse et oh. Mais l’on est debout, face au vent, pour embrasser le monde entier.

Voici son programme :

– Ravel : Quatuor à cordes (par le Quatuor Ébène)

– Bach : Toccata et Fugue

– Debussy : La mer

– Gabriel Fauré : Nocturne n°4

Madeleines :

– Bonga : « Sodade »

– Joao Gilberto : « Desafinado »

– Léo Ferré : « La mémoire et la mer »