Bernard Haitink Concert du dimanche

Bien qu’ayant fait des débuts fracassants à 27 ans en remplaçant au pied levé Carlo Maria Giulini dans le Requiem de Cherubini à la tête de l’Orchestre du Concertgebouw le 7 novembre 1956, Bernard Haitink a su mener sa carrière avec beaucoup de circonspection.

Sa connaissance de l’orchestre, il l’a doit avant tout à sa pratique d’instrumentiste (il intègre à 25 ans l’Orchestre de la Radio Néerlandaise) et à une discipline de fer. Peu expansif au pupitre – sa gestuelle, d’une rare économie, reste un modèle de lisibilité pour les musiciens – Haitink se distingue rapidement au disque (Philips essentiellement) dans le grand répertoire postromantique, dans lequel il est si facile « d’en faire des tonnes », gravant des référence indémodables. Chose rare : il excelle aussi bien dans Bruckner que dans Mahler, dont il est le deuxième chef, après Leonard Bernstein et aux côté de Georg Solti, à se lancer dans une intégrale discographique qui fera date.
On l’entendra ce soir à la tête du Philharmonique de Berlin dans Don Quichotte de Richard Strauss, porté par le violoncelle incandescent de Natalia Gutman. Les Septième Symphonie de Beethoven et Sixième Symphonies de Bruckner (Staatskapelle Dresde/2003) encadrent une parenthèse des plus enchanteresses : le soprano d’argent de Gundula Janowitz dans les Quatre derniers Lieder de Strauss (Concertgebouw Amsterdam/1968), cinq ans avant son fameux enregistrement aux côtés d’Herbert von Karajan pour Deutsche Grammophon.