Benoît Duteurtre, Paris gagné

 Olivier Bellamy reçoit Benoît Duteurtre dans Passion Classique

Réussira, réussira pas ? Benoît Duteurtre s’intéresse moins au destin de son héros, un jeune homme normand rejoignant la capitale pour réaliser ses rêves de gloire, qu’à la peinture ironique et tendre de la faune urbaine des années 1980 dans un Paris traversé par des ambitions artistiques, des soirées sauvages et quelques rails de cocaïne qui vous donnent l’impression d’être génial. En filigrane, comme dans les meilleurs romans américains, c’est le portrait d’une ville, l’histoire d’une génération, la nostalgie d’une époque qui réveillent notre mémoire avec ce qu’il faut de distance amusée et de naïveté feinte qui font mouche à chaque fois.
Tous les personnages sonnent juste, car jamais l’écrivain ne sort de son rôle : décrire le passé avec une cruauté jubilatoire.
Quelquefois, le dénonciateur militant d’un Paris trahi par des projets criminels (la destruction du ventre des Halles) surgit.
A la fin, il s’offre même le luxe d’un double épilogue, l’un tragique, l’autre mélancolique et faussement optimiste, à la manière de Smoking No smoking, pour mieux célébrer la primauté du hasard sur les velléités des êtres et l’irrémédiable mouvement des illusions perdues.
Voici son programme :

Madeleines :

Joséphine Baker : Paris, Paris
Barry White : Sheet music
Chopin : Préludes, par Samson François

Choix classiques

Richard Strauss : trio final du Chevalier à la Rose
Robert Casadesus dans Beethoven, sonate Les adieux (le retour 3e mvt)
Franz Lehar : Der Tzarevitch – par Nicolaï Gedda
Jacques Ibert : Divertissement sur Un chapeau de paille d’Italie
version Ormandy
Brahms : Liebesliederwalzer, version enregistrée par Nadia Boulanger,
Marie Blanche de Polignac, etc… (emi)