« Bartabas avec un « s » ! sinon ça fait café du commerce », m’a glissé goguenard et l’oeil plein de malice le moine fondateur du théâtre Z
ingaro. Il fuit les plateaux de télé et trouve toujours mieux à faire quand on l’invite à la radio. Mais son attachée de presse a insisté. « Tu devrais faire cette émission, c’est différent. » Alors il a écouté d’une oreille maussade, il y a quelques jours, et il est tombé, ô miracle sur Jacques Malaterre, un grand pote à lui. Du coup, Bartabas a dit oui. Il est arrivé tout heureux à 17 h 30 avec une pile de disques sous le bras. « Les suites de Bach, tu les mets bien par Pablo Casals, hein ? Et Boulez, t’as la version Cleveland ? Ah oui, c’est la meilleure ! Et Glenmor, tu l’as pas dans ta bécane, hein ? » Il se marrait de pouvoir passer ce poète libertaire breton sur Radio Classique ! Mais cet homme qui murmure à l’oreille des canassons n’est pas du genre à se laisser flatter l’encolure d’un air docile, donc il était nerveux à l’heure dite. Il frappait nerveusement du sabot sur la moquette avant de commencer, mais, dès que le générique a commencé, il s’est laissé aller et la magie a opéré.
Sa relation au cheval est une histoire profonde, intime et belle. Il en parle avec amour et générosité, avec des mots simples et des silences éloquents. Chapeau l’artiste !
Voici son programme :
Le sacre du printemps (version Boulez)
6 suites pour violoncelles de Bach par Pablo Casals
Alexandre Tharaud joue Rameau
Le stabat mater de Vivaldi
Dans les madeleines et autres choix plus personnels :
« André Malraux, l’art et l’histoire ».
Musique sacrée du Tibet (chant du monastère de
Gyuto)
Chants du Rajahstan,
Des polyphonies georgiennes
Camaron (flamenco)
Et enfin, Glenmor, un chanteur breton,