Aymeric Caron, fier Sicambre, parfois si tendre

 Olivier Bellamy reçoit Aymeric Caron dans Passion Classique

« Courbe un peu la tête », a-t-on souvent envie de dire à tous ceux qui émettent avec fracas leur opinion à la télévision. Média qui n’incite pas beaucoup, il est vrai, aux nuances, à la modération, pour ne rien dire de la modestie.
A l’écrit, Aymeric Caron a le temps de peaufiner son discours, de prendre un peu de distance. Son livre No steak est une enquête journalistique bien menée sur ce qui nous attend inexorablement : fini le bon rognon sauce madère, adieu belle entrecôte persillée, vade rétro andouillette AAAAA tchoum ! Pour éviter de manger trop tôt les pissenlits par la racine, il va falloir se gaver de roquette, chose verte et dentelée prisée des bobos du canal Saint-Martin et qui poussait autrefois près des poubelles.
Le monde est fou. Soit. Il sera tofu ! Et vous l’aurez bien cherché à vous gaver du sang des pauvres bêtes. A tuer veaux, vaches, cochons !
Décidément, on n’échappe pas à l’alternative Voltaire ou Rousseau. Aymeric Caron est un disciple du second, sans toutefois prétendre à égaler l’auteur des Rêveries du promeneur solitaire. Mais il ne manque ni de charme, ni de sincérité, ni de cette faculté d’indignation qui à l’opposé de la charité « bien ordonnée » ne commence jamais par soi-même.
Voici son programme :

Pink Floyd – Comfortably Numb

Dire Straits – Brothers in Arms

Steve Hackett – Déja vu (sur l’album Genesis Revisited)

Classiques :

Bach – Toccata et Fugue en Ré Mineur

Samuel Barber – Adagio for strings

Rachmaninov – concerto pour piano n 2 en ut mineur op. 18

Haendel – Sarabande