Au salon du livre

Olivier Bellamy et Alain Mabanckou
C’est toujours une joie (mêlée à un peu de stress) de sortir du nid douillet du studio pour se plonger dans une manifestation publique. Nous étions à la FIAC avec Pierre Bergé il y a quelques mois, nous avons posé nos micros au Salon du Livre vendredi et samedi dernier. La rencontre avec les auditeurs est toujours enrichissante. On bavarde avec des personnes de Limoges, d’Anjou, de Bretagne, du midi… Chacun parle des émissions qu’il a préférés, des invités qui l’ont surpris…

Vendredi, c’était Olivier Adam, qui était sur la sellette. Son livre Des vents contraires (L’Olivier) remporte un vif succès et s’est vu décerner le prix RTL Lire, la veille de l’émission. Bien qu’il vienne de la région parisienne et qu’il ait des grands-parents alsaciens, sa tête est déjà celle d’un vrai loup de mer. C’est le cas type du timide bouillonnant : méfiant et timide à l’approche, loquace et chaleureux dès qu’il se sent en confiance. Bach et Schubert ont présidé à l’écriture de son livre alors que Brahms et Mahler avaient accompagné la mise en condition de son précédent (Falaises). Ce fut une jolie rencontre.

Le lendemain, Alain Mabanckou le remplaçait au micro. C’est un vrai pro de la com. Intelligent, cultivé, habitué à parler en public. Un régal. Son programme était idéal pour susciter l’adhésion du plus grand nombre dans un cadre comme celui-là, au milieu d’une foule très sollicitée de stand en stand. Un cercle s’est formé à 18 h et n’a cessé de s’agrandir jusqu’à 19 h. L’Ave Maria de Schubert, les Quatre Saisons de Vivaldi, la Petite Musique de Nuit… Des tubes ! Je n’ai pas pu m’empêcher de le titiller sur la francophonie. Cela me semble toujours réducteur de dire « écrivain francophone ». La littérature, c’est la langue, un point, c’est tout. Ionesco et Beckett appartiennent à la littérature française puisqu’ils utilisent la langue de Molière et de Gide. C’est comme la littérature « régionale » ou régionaliste. Cela semble toujours un peu méprisant ou dévalorisant. C’est vrai pour un auteur breton, qui écrit en breton. Mais certainement pas pour Genevoix ou Giono.

Voici le programme d’Alain Mabanckou

1. « Soul Makossa » de Manu Dibango 
2. « Ne me quitte pas » de Brel, mais chantée par Nina Simone

1. Bach, Cello suite N.1 i-prelude Rostro

2. 2. Mozart, La reine de la nuit, avec Erika Miklosa / Abbao

3. 3. Les Quatre saisons – Le Printemps, Allegro 1, Nigel Kennedy

4. 4. Mozart, Petite musique de nuit K.525 en sol majeur Allegro

5. 5. Luciano Pavarotti, Caruso

6. 6. Schubert, Ave Maria, Barbara Hendricks

Et d’Olivier Adam :

Bach – Variations Goldberg – Glenn Gould

Madeleines : 
Rachmaninov – Concertos pour piano n°1 – 1er mouvement
Bach – suites pour violoncelle – 1ère suite ; Bourvil – La tendresse

6 morceaux :
Pergolese – Stabat Mater – Stabat Mater

Brahms – Sonate pour Violoncelle et Piano en mi mineur – 1er mouvement

Mozart – Quintet pour clarinette – 2ème mouvements

Schubert – Quatuor “la jeune fille et la mort” – 2ème mouvement

Gabriel Fauré – Requiem – Pie Jesu

Debussy – 1ère arabasque (adantino con moto)

Serge Reggiani – le petit garçon