Armin Jordan

« La musique est faite pour être écoutée sur l’instant, c’est le vrai partage »

Directeur musical fêté de l’Orchestre de l’Opéra de Paris depuis 2009, Philippe Jordan (né en 1974) ne doit pas faire oublier son père Armin : né en 1932 à Lucerne et décédé à Zurich en 2006, il fut l’un des chefs d’orchestre suisses les plus importants du siècle dernier. Son nom demeure inextricablement lié à l’Orchestre de chambre de Lausanne et à l‘Orchestre de la Suisse romande sur lequel il régna de 1985 à 1997. « Régner » est d’ailleurs un verbe impropre pour qualifier les rapports courtois qu’Armin Jordan entretenait avec ses musiciens :« Un orchestre peut très bien jouer sans chef. Un chef sans orchestre, c’est plus difficile », disait avec un humour ravageur celui qui ne dirigea jamais aux Etats-Unis de manière à tisser des liens étroits avec les orchestres (européens) qu’il appréciait… et desquels il était adoré.
C’est son legs en musique symphonique française qu’Erato a choisi de publier dans un coffret de 13 CD pour fêter les dix ans de sa disparition. Même si Armin Jordan dirigea de toutes les musiques – il était, rappelons-le, un grand wagnérien -, la musique française occupa une place de choix dans sa carrière. On le retrouve bien sûr à la tête des orchestres de chambre de Lausanne et de la Suisse Romande, mais aussi du National de France ou du Philharmonique de Monte-Carlo dans un programme entièrement français alignant les noms de Franck, Chausson, Dukas, Ravel, Fauré, Debussy ou des plus rares Henri Rabaud, Maurice Delage ou Maurice Jaubert. De quoi se constituer une excellente discothèque de base en musique française.
Coffret Armin Jordan : The french Symphonic Recordings (Erato 13 CD)