Andris Nelsons dirige Manfred & la Marche slave de Tchaïkovski – 17.03.2016

« La symphonie s’est révélée vaste, sérieuse, difficile, chronophage, parfois épuisante. Mais une voix intérieure me dit que je ne travaille pas en vain et que cette œuvre sera l’une de mes meilleures symphonies. » - Tchaïkovski, 1185, à propos de Manfred

Orfeo publie un disque consacré à deux grandes œuvres de Tchaïkovski, la Marche slave et la Symphonie Manfred. Dans ce programme on retrouve le chef letton Andris Nelsons à la tête de l’Orchestre Symphonique de la Ville de Birmingham, qu’il dirigeait depuis 2008 – il est désormais directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Boston.
 En 1885 Tchaïkovski se laissait convaincre de créer Manfred, symphonie inspirée par le poème dramatique éponyme de Lord Byron. Du début à la fin, les impressions du compositeur sur sa création restèrent controversées : alors qu’après la première en 1886 il affirmait à sa protectrice, Nadejda von Meck, que cette œuvre était sa meilleure symphonie. En 1888 il écrivait en ces mots au grand-duc Constantin : « Je peux dire que cette production est abominable et que je la hais profondément ».
 Quant à la Marche russo-serbe de Tchaïkovski, plus tard renommée Marche slave, elle s’ancre indéniablement dans l’histoire contemporaine au compositeur. Écrite en 1876 à l’occasion d’un concert caritatif au profit des soldats (la Serbie luttait alors pour son indépendance face à l’empire ottoman), la première fut accueillie selon le compositeur par « une tempête jubilatoire d’enthousiasme patriotique ».