A l’ouest ? Rien de nouveau ! Au nord ? Il y a les corons. Au sud ? C’était pourtant beau… Et à l’est ? L’est est la matrice. Le lever du jour. Par une troublante coïncidence orthographique, l’est est le lieu de l’être. Si l’est s’effondre, je ne suis plus, tu n’es plus, il n’est plus… Au commencement, donc, était l’orient.
S’il perd son identité, le monde ne tourne plus rond. Avec Les Désorientés, Amin Maalouf retourne sur les lieux du paradis perdu, au cœur d’une âme en lambeaux, d’une civilisation qui s’engloutit inexorablement sous nos yeux accablés et impuissants. « La scène se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part », écrivait Alfred Jarry en préambule de son Ubu. Et pourtant, quelle civilisation plus riche que la Varsovie d’avant guerres ! La Pologne comme le Liban (pays jamais nommé par Amin Maalouf) sont des frères de sang de la France éternelle, pays des Lumières, point du jour d’une nouvelle humanité. Pleurez, ô mes pays bien aimés.
Voici son programme :
Concerto pour piano opus 16 de Grieg (Zimerman)
Schubert – Quintette à cordes en ut majeur 2ème mouvement Quatuor Weller (adagio)
Tchaïkovski – ouverture 1812, le finale
De Falla – La danse du feu (Ormandy)
Madeleines :
Addinsell – Concerto de Varsovie (Thibaudet)
Beethoven – Sonate au clair de lune 1er mvt (Freire)
Saariaho – L’amour de loin (la chanson de Geoffrey au 2ème acte)