Inspiré de la légende de Barbe-Bleue, le dernier roman d’Amélie Nothomb pourrait se résumer à la manière d’un incipit de Jean de la Fontaine : « Un coq et une poule vivaient (presque) en paix. Une annonce de colocation survint. » Une étrange histoire d’amour et une lutte à mort s’engagent. Deux logiques s’affrontent sur fond de chambre noire, de photographie, de prise de territoire, de rituels, de couleur jaune, mais l’essentiel est peut-être dans la musique. Car, au bout du compte (du conte), le son doit couler. Du reste l’écrivain belge, née au Japon, conçoit l’écriture comme une « hémorragie bienheureuse ». Et, tout naturellement, c’est Schubert qu’elle a choisi. Qui mieux que lui nous entraîne dans une errance sans cesser de faire du sur-place, qui mieux que lui sait nous faire sourire et pleurer en même temps, qui mieux que lui brode avec légèreté sur les mêmes thèmes obsessionnels ? Amélie Nothomb, assurément, s’est trouvé un grand frère pour l’aider à tutoyer le divin.
Voici son programme :
– Quatre œuvres classiques :
> Impromptu n°3 en sol majeur de Schubert – Lupu
> La jeune fille et la mort de Schubert 2e mvt
> Le Roi des Aulnes de Schubert – Fischer Dieskau
> Le voyage d’hiver (le début) de Schubert – Hans Hotter
– Trois madeleines de l’enfance et de l’adolescence :
> La 2e Rhapsodie hongroise de Liszt
> « Strawberry Fields » des Beatles
> « Personal Jesus » de Depeche Mode