Alice Sara Ott joue Grieg

« Alice au pays des merveilles »

En faisant un jeu de mots avec le célèbre roman de Lewis Caroll, le titre du nouvel album de la pianiste nippo-allemande nous plonge dans le monde des elfes et des trolls de Peer Gynt à travers des transcriptions pour piano de la célèbre musique de scène d’après Ibsen. « Grieg a donné naissance à un monde imaginaire », confie celle pour qui le Concerto pour piano en la mineur reste « l’une des pages concertantes qui posent le plus grand défi au soliste pour la coordination avec l’orchestre ». Un défi que relèveront à ses côtés Esa-Pekka Slonen et l’Orchestre de la Radio bavaroise.
Le couplage sort des sentiers battus en écartant le sempiternel Concerto de Schumann, écrit lui aussi en la mineur, au profit de ces feuillets d’album que constituent les Pièce lyriques. En écho à Roland Barthes, qui voyait en Schumann « le musicien des Stücke » (littéralement « pièces »), Alice Sara Ott voit en Grieg un miniaturiste de génie, à la simplicité trompeuse. L’occasion d’apprécier une autre facette du talent de la pianiste dont l’un des albums précédents, toujours chez Deutsche Grammophon, était consacré précisément aux très virtuoses et extraverties Etudes d’exécution transcendante de Liszt.