Albert Algoud, pour Tintin, c’est pas tintin

Les tintinophiles sont une secte d’amoureux et d’érudits à l’image des proustolatres. Ils savent tout sur Haddock, ont leur théorie sur le sexe de la Castafiore, connaissent par coeur les répliques des Dupont-d, je dirais même plus des Pudont-d… Exactement comme d’autres glosent sans fin sur la Verdurin, les chaussures de la duchesse de Guermantes, ont leur théorie sur la Sonate de Vinteuil et connaissent les répliques de Palamède (Mémé pour les intimes) sur le bout des doigt et même du onzième…
Albert Algoud n’est pas un raseur comme Séraphin Lampion ou un ennuyeux savant comme ce pauvre Saniette dans La Recherche. Il a le tempérament égal d’un Tintin (Bach aussi en connaissait un rayon sur le tempérament égal, tiens) et la science d’un Tournesol en la matière, c’est-à-dire : vingt-quatre mystérieuses colonnes au contenu inépuisable comme vingt-quatre préludes et fugues, dont le dernier est inachevé, forcément inachevé, puisqu’on ne s’approche pas du (temple du) soleil impunément.

Voici son programme :
– Puccini, Madame Butterfly « Un bel di Vedremo », par R.Scotto, l’Orchestre de l’Opéra Rome dirigé par  J.Barbirolli
– Bach, Cantate « Wachet auf… » BWV 140 : Choral d’entrée Par le Bach Collegium Japan, direction M. Suzuki
– Lauridsen, O Magnum Mysterium par le Kings College


Les Madeleines :
– Beethoven, Symphonie n°6 « Pastorale », par l’Orchesre Philharmonique de New York dirigé par L. Bernstein
Alegria, par Agustin Castellon Campos, dit Sabicas
– Gounod, Faust: « O Dieu ! Que de bijoux..Je ris de me voir si belle », par l’Orchestre de l’Opéra de Paris