Alain Veinstein, une voix dans la nuit

Être invité par Alain Veinstein, c’est quelque chose. J’en avais fait l’expérience lors de la sortie de mon livre sur Martha Argerich. On se sent autorisé à tout lui dire, on ne veut pas le décevoir, on se sent choisi, compris, on ouvre son coeur.
Cette présence forte et discrète, quotidienne et rituelle, j’avais envie qu’elle résonne plus largement, qu’elle s’épanouisse, qu’elle se livre à son tour. D’abord c’est une voix comme on le dit d’un acteur, d’un chanteur. Et il y a quelqu’un derrière, une écriture qui prend le temps de trouver le mot juste, une douleur lointaine, un amour des livres, une solitude qui accompagne la nôtre. Au fond, tout ce qu’il y a de beau et de vrai dans ce monde bruyant et menteur, c’est cela : une voix dans la nuit des êtres.

Voici son programme :

Quatre « classiques »:
– Glenn Gould, Ballade n° 1 en D mineur de Brahms
– Tharaud, Sicilienne du Concerto en ré mineur BWV 596 de Bach
– Claire Désert, Einfach (Simple) de Schumann
– György Kurtag, une pièce pour piano
– Un cinquième éventuel: Keith Jarrett, The Melody of Night

Trois « Madeleines »
– Un extrait de l’Auberge du Cheval blanc
– La musique d’Aguirre, la colère de Dieu
– Rather lovely thing de Nick Cave et Warren Ellis