Airs d’opéras français par Alain Vanzo

Il était temps que le label Malibran rassemble ce qui n’est qu’une série d’airs, mais de la plus belle eau musicale, du ténor français Alain Vanzo dans sa meilleure jeune voix, de 1954 à 1962.

Un précieux coffret d’" Inoubliables " (chez Night & Day) nous avait donnés en 2004 le meilleur d’un Vanzo disparu depuis deux ans : amples extraits des Pêcheurs de perles et de Roméo dirigés par Jean Fournet, un souvenir de Lucrezia Borgia avec Montserrat Caballé, l’air de l’Enfance du Christ. Le label Malibran a rassemblé un florilège extraordinaire d’airs, d’un Vanzo dans sa meilleure jeune voix. On entend la voix sur dix ans grandir et s’étoffer sans grossir ni surtout forcer, jamais, et le Des Grieux idéal devenir un Werther et un Don Carlos autrement assurés, et ne chantant jamais que dans les limites où il sait qu’il s’exprime le mieux. Exemplaire modestie, exem­plaire maturation. Outre le minimum de Pêcheurs, Roméo et Manon évidents voilà, autrement rares, Richard Cœur de Lion et la Jolie Fille de Perth, Benvenuto Cellini ; le Verdi légitime en français, avec des Vêpres siciliennes d’un ton tragique mâle rare chez Alain Vanzo et l’entrée éperdue de Don Carlos.
A ce stade de la voix, c’est peut être " Anges du Paradis " et " Ah ! lève toi soleil " qui nous montrent le plus irremplaçable, ce que ni lui ni aucun ténor depuis (qu’on sache) n’a retrouvé : cette qualité de soleil et de miel dans la voix, sans afféterie aucune, avec dans le bien chanter un instinct qui n’existe plus et un plaisir qui ne se prend plus. Retrouver là le simple " Rêve passe " d’un Vanzo presque encore pioupiou rend nostalgique. Que c’était beau, le chant français ! L’instinct et l’appartenance qui faisaient trouver cette couleur et ce timbrage, cet esprit, ce bonheur, où sont-ils ?
Alain Vanzo
(ténor)
CHOC
Airs de Gounod, Bizet, ­Berlioz, Grétry, Lalo, ­Thomas, Delibes, Massenet, Verdi…
Orchestres et chefs divers
Malibran CDRG201 (DOM). 1954-1962. 79′ Réédition